Lubrifiant et conception : lequel choisir quand on essaie d’avoir un bébé ?

Lubrifiant intime et projet bébé – compatibilité avec la conception et impact sur les spermatozoïdes

Lorsqu’on essaie de concevoir un enfant, le lubrifiant mérite un peu d’attention : tous les produits n’ont pas été formulés ou testés dans un contexte de conception. En revanche, il serait excessif d’affirmer que les lubrifiants intimes classiques provoquent une infertilité ou empêchent systématiquement les spermatozoïdes d’atteindre l’ovule.

Une règle est en revanche très claire : les produits spermicides sont à éviter lorsqu’on souhaite une grossesse, puisque leur fonction est précisément de détruire ou d’immobiliser les spermatozoïdes. Le CNGOF décrit notamment le chlorure de benzalkonium utilisé dans certains spermicides comme agissant directement sur les spermatozoïdes.

Si vous avez besoin de lubrification pendant vos essais, choisissez de préférence un produit dont le fabricant indique explicitement qu’il est compatible avec un projet de conception ou qu’il n’altère pas les paramètres spermatiques dans les conditions prévues d’utilisation.

Un lubrifiant peut-il empêcher de tomber enceinte ?

On ne peut pas affirmer qu’un lubrifiant intime classique empêche une grossesse.

Les sources françaises de référence sur l’infertilité recensent de nombreux facteurs pouvant réduire la fertilité : âge, troubles de l’ovulation, endométriose, anomalies des trompes, altération du sperme, tabac, certaines maladies, facteurs environnementaux ou encore difficultés sexuelles. Elles ne présentent pas l’utilisation habituelle d’un lubrifiant intime comme une cause générale d’infertilité.

Cela ne signifie pas pour autant que n’importe quel produit est idéal au contact des spermatozoïdes.

La bonne distinction est donc :

« ce produit rend-il infertile ? » → non démontré

et

« ce produit a-t-il été conçu et évalué pour être utilisé pendant une tentative de conception ? » → cela dépend du produit.

Pourquoi les spermatozoïdes sont-ils importants dans le choix du lubrifiant ?

Pour qu’une fécondation naturelle puisse avoir lieu, les spermatozoïdes déposés dans le vagin doivent remonter à travers le col de l’utérus puis l’utérus jusqu’aux trompes.

L’Assurance Maladie rappelle que la glaire cervicale produite autour de l’ovulation joue un rôle important dans ce parcours : elle permet notamment le passage des spermatozoïdes et leur progression dans les voies génitales.

Lorsqu’un couple est exploré pour une infertilité, le spermogramme évalue d’ailleurs plusieurs paramètres, notamment le nombre, la morphologie et la mobilité des spermatozoïdes.

Si vous utilisez un lubrifiant pendant la période où une conception est recherchée, il est donc logique de préférer un produit dont la compatibilité avec cet usage est clairement documentée.

Existe-t-il vraiment une « fenêtre fertile » ?

Oui, mais elle n’est pas aussi facile à calculer qu’on le croit.

L’Assurance Maladie indique :

  • qu’un ovule vit environ 24 heures ;
  • que les spermatozoïdes peuvent survivre 3 à 5 jours ;
  • et que la période de fécondité se situe donc dans les quelques jours précédant l’ovulation et jusqu’à environ 24 heures après.

Mais même lorsque les cycles sont réguliers, la date exacte de l’ovulation ne peut pas être calculée avec certitude.

C’est important pour le choix du lubrifiant : il est difficile de raisonner en disant simplement :

« lubrifiant classique hors période fertile et autre lubrifiant pendant cinq jours précis ».

La fenêtre réelle peut varier d’un cycle à l’autre.

Faut-il utiliser du lubrifiant uniquement au moment de l’ovulation ?

Non.

Utilisez-en lorsque vous en avez besoin pour que les rapports restent confortables.

Lorsqu’un couple essaie de concevoir, l’Assurance Maladie recommande surtout des rapports réguliers et indique qu’un rapport un jour sur deux autour de la période de fertilité offre de bonnes chances de fécondation ; avoir des rapports tous les jours n’augmente pas nécessairement les chances de conception.

Il n’est donc pas nécessaire de transformer chaque rapport en calcul précis de l’ovulation.

Si vous avez régulièrement besoin d’un lubrifiant pendant cette période, le plus simple est de choisir un produit adapté à cet usage.

Qu’est-ce qu’un lubrifiant « compatible avec la conception » ?

On trouve des lubrifiants présentés comme :

« fertility friendly », « conception friendly », « compatible fertilité » ou destinés aux couples en désir d’enfant.

Ces expressions ne signifient pas que le produit augmente la fertilité.

Elles indiquent normalement que la formulation a été pensée pour être utilisée dans un contexte où des spermatozoïdes doivent rester fonctionnels.

Avant d’acheter, vérifiez précisément les indications du fabricant plutôt que de vous fier uniquement à une appellation marketing.

Un lubrifiant compatible avec la conception :

ne provoque pas l’ovulation, n’améliore pas la réserve ovarienne, n’augmente pas le nombre de spermatozoïdes et ne traite aucune infertilité.

Son objectif est beaucoup plus modeste : permettre une lubrification lorsque celle-ci est nécessaire sans être destiné à une action spermicide.

Faut-il chercher absolument un pH de 7 ?

Pas sur la seule base de cette valeur.

L’ancien conseil consistant à dire :

« pour concevoir, choisissez forcément un lubrifiant à pH 7 »

est trop simpliste.

Le fonctionnement de la fertilité naturelle dépend de plusieurs environnements successifs : vagin, glaire cervicale, col, utérus et trompes.

Le CNGOF et l’Assurance Maladie rappellent notamment l’importance particulière de la glaire cervicale au moment de la période fertile.

Le pH peut être l’une des caractéristiques d’une formule aqueuse, mais il ne doit pas être utilisé seul pour conclure qu’un produit favorise ou empêche une conception.

Et l’osmolalité ?

L’osmolalité est une caractéristique physicochimique pertinente pour les produits contenant de l’eau.

Mais les sources françaises destinées au public que nous utilisons ici ne donnent pas un seuil d’osmolalité permettant de déclarer automatiquement :

« ce lubrifiant est bon pour concevoir »

ou

« celui-ci empêche la fécondation ».

Dans un article destiné aux couples en projet de grossesse, il est donc plus prudent de conseiller un produit explicitement conçu et documenté pour cet usage, plutôt que d’essayer de transformer un chiffre technique isolé en garantie de fertilité.

La glycérine empêche-t-elle les spermatozoïdes de fonctionner ?

Il n’existe pas de recommandation française permettant d’affirmer que tous les lubrifiants contenant de la glycérine empêchent la conception.

Il faut donc éviter la règle :

glycérine = mauvais pour les spermatozoïdes.

Il en va de même pour le propylène glycol : la présence isolée d’un ingrédient ne permet pas au consommateur de déterminer à elle seule l’effet global d’un produit sur la fertilité.

Pour un projet de conception, la formulation complète et les indications du fabricant sont plus pertinentes que la chasse à un ingrédient unique.

Les spermicides sont-ils à éviter quand on essaie d’avoir un enfant ?

Oui.

Ici, le mécanisme est totalement différent.

Un spermicide est précisément conçu pour réduire la capacité des spermatozoïdes à provoquer une fécondation.

Le CNGOF décrit notamment des spermicides contenant du chlorure de benzalkonium qui détruit et immobilise les spermatozoïdes.

Si votre objectif est une grossesse, vérifiez donc que le produit utilisé n’est évidemment pas associé à une action spermicide.

Un lubrifiant silicone est-il compatible avec un projet bébé ?

On ne peut pas répondre oui pour tous les lubrifiants silicone.

La base silicone possède certaines caractéristiques intéressantes pour le confort : elle offre généralement une glisse longue durée et ne sèche pas rapidement.

Mais cela ne permet pas de conclure :

silicone = compatible fertilité.

Tous les lubrifiants silicone n’ont pas nécessairement été évalués au contact des spermatozoïdes ni développés pour un projet de conception.

Si un produit silicone n’indique pas clairement qu’il est adapté à cet usage, ne lui attribuez pas cette propriété simplement en raison de sa base.

Un lubrifiant silicone a-t-il un pH ?

C’est une précision importante.

Une formule entièrement anhydre, c’est-à-dire sans eau, ne possède pas un pH qui s’interprète de la même manière qu’une solution aqueuse.

Il est donc incorrect de présenter automatiquement un lubrifiant silicone sans eau comme ayant :

« un pH vaginal légèrement acide »

ou au contraire

« un pH neutre favorable aux spermatozoïdes ».

Le pH n’est tout simplement pas le critère pertinent de la même manière pour une formule anhydre.

Eau ou silicone quand on essaie d’avoir un bébé ?

La base seule ne suffit pas pour choisir.

Un lubrifiant à base d’eau n’est pas automatiquement mauvais pour la conception.

Un lubrifiant silicone n’est pas automatiquement compatible.

Si vous avez besoin de lubrification pendant vos essais, recherchez prioritairement :

  • une indication claire d’utilisation dans un contexte de conception ;
  • l’absence d’action spermicide ;
  • des informations précises du fabricant concernant la compatibilité avec les spermatozoïdes ;
  • une bonne tolérance personnelle.

C’est plus fiable que de choisir uniquement selon les mots « eau » ou « silicone » inscrits sur l’étiquette.

Est-il préférable de ne pas utiliser de lubrifiant du tout ?

Pas nécessairement.

Si vous n’en avez pas besoin et que les rapports sont confortables sans lubrifiant, il n’y a évidemment aucune raison d’en ajouter.

Mais si les rapports sans lubrification deviennent inconfortables, l’objectif n’est pas de les rendre pénibles simplement parce qu’un projet de grossesse existe.

Les difficultés sexuelles font d’ailleurs partie des éléments recherchés par le médecin lors d’un bilan d’infertilité : l’Assurance Maladie cite notamment la fréquence des rapports, la libido et les troubles de l’érection dans l’évaluation du couple.

Dans cette situation, un produit adapté au projet de conception peut permettre de conserver des rapports confortables.

Peut-on utiliser de la salive à la place d’un lubrifiant ?

Il est préférable de ne pas présenter la salive comme une alternative médicale à un lubrifiant.

L’affirmation selon laquelle « la salive détruit les spermatozoïdes en quelques minutes » circule beaucoup, mais nous ne disposons pas ici d’une recommandation française institutionnelle permettant de transformer cette affirmation en règle pratique.

Si vous avez besoin d’une lubrification supplémentaire dans le cadre d’un projet bébé, il est plus simple d’utiliser un produit conçu pour cet usage plutôt qu’un produit de substitution dont les caractéristiques ne sont pas standardisées.

Comment augmenter ses chances de conception naturellement ?

Le lubrifiant n’est qu’un élément très secondaire d’un projet de grossesse.

L’Assurance Maladie recommande notamment :

  • des rapports réguliers ;
  • environ un rapport un jour sur deux autour de la période fertile ;
  • l’arrêt du tabac ;
  • l’absence d’alcool lorsqu’une grossesse est envisagée ;
  • une alimentation équilibrée ;
  • une activité physique régulière ;
  • et une supplémentation en acide folique pour la future mère selon les recommandations médicales.

L’âge des deux partenaires joue également un rôle majeur dans la fertilité. La fertilité féminine diminue notamment avec l’âge, avec une baisse plus nette après 37 ans.

Quand consulter si la grossesse ne vient pas ?

L’Assurance Maladie conseille généralement une consultation lorsqu’aucune grossesse n’est obtenue après un an de rapports sexuels réguliers sans contraception lorsque la femme a moins de 35 ans.

La consultation peut être proposée plus tôt, souvent après six mois, lorsque la femme a plus de 35 ans ou lorsqu’un problème médical susceptible d’affecter la fertilité est déjà connu ou suspecté.

Il n’est donc pas utile d’attendre systématiquement douze mois dans toutes les situations.

Un bilan permet d’étudier les deux membres du couple, puisque la difficulté à concevoir peut avoir une origine féminine, masculine, mixte ou parfois rester inexpliquée.

Le lubrifiant peut-il être responsable d’une infertilité ?

Il ne faut pas tirer cette conclusion.

Les causes d’infertilité sont nombreuses et doivent être évaluées médicalement.

Si vous essayez d’avoir un enfant depuis plusieurs mois sans succès, changer de lubrifiant ne remplace pas un bilan.

Le spermogramme, par exemple, permet d’étudier le nombre, la mobilité et la morphologie des spermatozoïdes lorsqu’une cause masculine doit être recherchée.

Chez la femme, le bilan peut notamment explorer l’ovulation, les hormones, les ovaires, l’utérus et les trompes selon la situation.

Et Concept S lorsqu’on essaie d’avoir un bébé ?

Concept S est un lubrifiant silicone composé de trois ingrédients :

Dimethicone · C15-19 Alkane · Dimethiconol

Sa formule est conçue pour offrir une glisse longue durée et un confort intime.

Concept S n’a pas été présenté comme un lubrifiant destiné à favoriser la conception et ne doit pas être présenté comme “fertility friendly” sans données spécifiques permettant de soutenir cette utilisation.

Il est également incorrect de justifier son utilisation en période fertile en affirmant que son « pH est adapté aux spermatozoïdes » : Concept S est une formule anhydre, et le pH ne s’interprète pas pour elle comme pour un gel à base d’eau.

Si vous êtes en projet de grossesse et avez besoin d’un lubrifiant pendant vos rapports fertiles, privilégiez un produit explicitement destiné ou validé par son fabricant pour cet usage, ou demandez conseil à votre médecin, sage-femme, pharmacien ou centre de fertilité.

Cette transparence est préférable à une promesse que le produit n’a pas été conçu pour tenir.

Et après la conception ?

Les critères de choix d’un lubrifiant changent une fois la grossesse débutée. Un produit spécifiquement choisi pour ne pas gêner les spermatozoïdes n’a alors plus la même fonction.

Si vous êtes désormais enceinte, consultez notre guide consacré au lubrifiant intime pendant la grossesse et aux précautions à connaître.

En résumé

Tous les lubrifiants ne doivent pas être considérés comme identiques lorsqu’un couple essaie de concevoir, mais un lubrifiant intime classique ne doit pas non plus être présenté comme une cause automatique d’infertilité.

Retenez surtout :

  • évitez évidemment les produits spermicides, puisqu’ils sont conçus pour immobiliser ou détruire les spermatozoïdes ;
  • si vous avez besoin d’un lubrifiant pendant vos essais, privilégiez un produit explicitement adapté à un contexte de conception ;
  • ne choisissez pas uniquement sur la base du pH, de la glycérine ou du mot « silicone » ;
  • l’ovulation n’a pas toujours lieu exactement au même moment et les spermatozoïdes peuvent vivre 3 à 5 jours ;
  • des rapports réguliers, environ un jour sur deux autour de la période fertile, sont généralement suffisants ;
  • consultez après environ 12 mois d’essais avant 35 ans, ou plus tôt, souvent après 6 mois, après 35 ans ou en présence d’un facteur médical connu.

Un lubrifiant compatible avec la conception peut faciliter des rapports confortables. Il ne constitue cependant ni un traitement de l’infertilité ni un produit capable d’augmenter à lui seul les chances de grossesse.

FAQ : lubrifiant, fertilité et conception

Peut-on utiliser du lubrifiant quand on essaie d’avoir un bébé ?

Oui, si vous en avez besoin pour le confort. Lors des rapports susceptibles d’aboutir à une conception, privilégiez un produit dont le fabricant indique explicitement qu’il convient à cet usage.

Le lubrifiant peut-il empêcher les spermatozoïdes de passer ?

Il n’est pas possible de généraliser à tous les lubrifiants. Les formulations sont différentes. En revanche, les spermicides sont spécifiquement conçus pour immobiliser ou détruire les spermatozoïdes.

Quel est le meilleur lubrifiant pour tomber enceinte ?

Il n’existe pas de lubrifiant qui fasse tomber enceinte. Si vous avez besoin de lubrification, choisissez un produit explicitement conçu ou évalué pour être utilisé lors d’un projet de conception.

Un lubrifiant « fertility friendly » augmente-t-il les chances de grossesse ?

Pas nécessairement. L’objectif d’un tel produit est surtout d’être adapté à l’utilisation pendant les essais. Il ne traite pas une infertilité et ne garantit pas une grossesse.

Faut-il choisir un lubrifiant au pH 7 ?

Pas sur ce seul critère. Le pH ne suffit pas à déterminer la compatibilité d’un produit avec un projet de conception et ne s’applique pas de la même manière aux formules anhydres.

La glycérine est-elle interdite quand on essaie de concevoir ?

Non. Les sources françaises consultées ne permettent pas d’affirmer que tous les lubrifiants contenant de la glycérine empêchent la conception.

Le silicone est-il compatible avec les spermatozoïdes ?

La base silicone à elle seule ne permet pas de répondre. Vérifiez si le produit précis a été conçu ou évalué pour être utilisé pendant les essais de conception.

Combien de jours dure la période fertile ?

Les spermatozoïdes peuvent vivre environ 3 à 5 jours et l’ovule environ 24 heures. La période fertile englobe donc les quelques jours précédant l’ovulation et environ 24 heures après. La date exacte de l’ovulation peut varier.

À quelle fréquence faut-il avoir des rapports pour concevoir ?

L’Assurance Maladie indique qu’un rapport environ un jour sur deux autour de la période fertile offre de bonnes chances de fécondation et que des rapports quotidiens n’augmentent pas nécessairement ces chances.

Quand consulter pour une difficulté à concevoir ?

Une consultation est généralement envisagée après un an d’essais réguliers avant 35 ans. Elle peut avoir lieu plus tôt, souvent après six mois, après 35 ans ou lorsqu’un facteur de baisse de fertilité est connu ou suspecté.

Sources françaises

Assurance Maladie – ameli.fr : bilan médical de l’infertilité, spermogramme, glaire cervicale et délais avant consultation.

Assurance Maladie – ameli.fr : période fertile, durée de vie de l’ovule et des spermatozoïdes.

Assurance Maladie – ameli.fr : conseils aux couples en désir d’enfant et fréquence des rapports autour de l’ovulation.

Assurance Maladie – ameli.fr : consultation préconceptionnelle et facteurs influençant la fertilité.

CNGOF – Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français : action des produits spermicides sur les spermatozoïdes.