Lubrifiant parfumé, aromatisé ou neutre : que choisir ?

Lubrifiant intime et odeur ou goût – différence entre parfum et arôme et risques pour les muqueuses

Fraise, vanille, menthe, cerise… Les lubrifiants parfumés ou aromatisés sont nombreux. Mais la présence d’un parfum ou d’un arôme ne permet pas, à elle seule, de savoir si un produit est adapté à un usage vaginal, anal ou oral.

Il faut notamment éviter une confusion fréquente :

« arôme » ne signifie pas automatiquement « comestible ».

Pour savoir comment utiliser un lubrifiant, le meilleur réflexe reste de vérifier les usages et précautions indiqués par son fabricant, plutôt que de déduire sa destination à partir d’un seul ingrédient.

Et si vous recherchez simplement une formule sans sensation ou odeur volontairement ajoutée, un lubrifiant sans parfum ajouté peut constituer un choix plus simple.

Quelle différence entre parfum et arôme dans un lubrifiant ?

La différence est moins simple qu’on pourrait le croire.

Dans la nomenclature cosmétique, les compositions destinées à parfumer ou aromatiser un produit peuvent être indiquées sous les termes :

PARFUM

ou

AROMA.

Il ne faut donc pas appliquer la règle :

PARFUM = uniquement odeur

et

AROMA = alimentaire et consommable.

Ces termes renseignent sur la présence d’une composition parfumante ou aromatique, mais ils ne suffisent pas à déterminer tous les usages autorisés du produit fini.

« Aroma » signifie-t-il que le lubrifiant peut être avalé ?

Non.

C’est une erreur fréquente de lecture de la liste INCI.

Le mot AROMA sur l’étiquette ne constitue pas une autorisation d’ingestion.

De même, reconnaître un arôme couramment utilisé dans l’alimentation ne suffit pas à déterminer si l’ensemble du lubrifiant est prévu pour un contact buccal.

Un produit fini contient plusieurs ingrédients et possède des conditions d’utilisation définies par son fabricant.

Pour un usage lors de rapports oraux, cherchez donc une indication explicite du type :

usage oral

ou une indication équivalente fournie par la marque.

Un lubrifiant aromatisé est-il forcément alimentaire ?

Non.

Il faut distinguer :

  • un arôme utilisé comme ingrédient ;
  • la formulation complète du produit ;
  • l’usage annoncé par le fabricant.

Même lorsqu’un arôme possède par ailleurs une utilisation alimentaire, cela ne transforme pas automatiquement le produit qui le contient en aliment.

Un lubrifiant n’est pas destiné à être consommé comme une boisson, un dessert ou une confiserie.

« Comestible » signifie-t-il qu’on peut en manger autant qu’on veut ?

Non.

Lorsqu’un lubrifiant est présenté comme adapté au sexe oral ou comme comestible, cela concerne son utilisation dans le cadre prévu par le fabricant.

Cela ne signifie pas qu’il est destiné à être consommé volontairement en quantité comme un aliment.

Il faut donc respecter les conditions d’utilisation indiquées sur l’emballage.

Un lubrifiant parfumé est-il dangereux pour le vagin ?

Pas automatiquement.

La présence d’un parfum ne permet pas à elle seule de conclure qu’un produit provoquera une irritation.

Certaines personnes tolèrent parfaitement une formule parfumée.

D’autres peuvent être sensibles à certains ingrédients parfumants.

Des substances parfumantes peuvent notamment être allergisantes chez certaines personnes.

Le risque dépend donc :

  • de la composition ;
  • de la concentration ;
  • de la formulation complète ;
  • de la sensibilité individuelle.

Il serait excessif d’écrire :

« parfum = danger pour les muqueuses ».

Un parfum peut-il provoquer une irritation ?

Oui, c’est possible chez certaines personnes.

Les réactions peuvent notamment se manifester par :

  • brûlures ;
  • rougeurs ;
  • démangeaisons ;
  • sensation d’échauffement ;
  • inconfort.

Mais une irritation après un rapport n’est pas forcément provoquée par le parfum.

Elle peut également être liée :

  • au lubrifiant lui-même ;
  • aux frottements ;
  • à un préservatif ;
  • à un autre produit utilisé ;
  • à une infection ;
  • à une affection vulvaire ou vaginale.

Si un produit provoque régulièrement une réaction, cessez de l’utiliser.

Les parfums perturbent-ils forcément le pH vaginal ?

Non, on ne peut pas l’affirmer à partir de la seule présence d’un parfum.

Le pH d’un produit dépend de sa formulation complète.

Lire PARFUM dans une liste INCI ne permet donc pas de déduire :

« ce lubrifiant va modifier mon pH vaginal ».

Il faut éviter de transformer une caractéristique d’un ingrédient en propriété automatique du produit fini.

Un lubrifiant parfumé provoque-t-il des mycoses ou des vaginoses ?

On ne peut pas l’affirmer comme une règle générale.

Mycose vaginale et vaginose bactérienne sont deux problèmes différents qui possèdent leurs propres mécanismes et facteurs favorisants.

Un produit mal toléré peut provoquer une irritation, mais irritation, mycose et vaginose ne sont pas synonymes.

Si vous présentez régulièrement :

  • démangeaisons ;
  • brûlures ;
  • pertes inhabituelles ;
  • odeur inhabituelle ;
  • récidives après certains produits,

mieux vaut faire identifier la cause plutôt que de conclure automatiquement à une réaction au parfum.

Faut-il choisir sans parfum si l’on a les muqueuses sensibles ?

Cela peut être un choix raisonnable, sans constituer une garantie.

Lorsqu’une zone est déjà irritée ou sensible, limiter les caractéristiques qui ne sont pas nécessaires à la fonction de lubrification peut simplifier le choix du produit.

Une formule sans parfum ajouté peut donc être intéressante.

Mais :

sans parfum ≠ zéro risque d’irritation.

Une personne peut être sensible à un autre ingrédient du produit.

« Sans parfum » signifie-t-il « sans odeur » ?

Non.

C’est une distinction importante.

Un produit sans parfum ajouté peut avoir une légère odeur provenant naturellement de ses matières premières.

La mention sans parfum signifie essentiellement qu’aucune composition parfumante n’a été ajoutée dans cet objectif.

Elle ne garantit pas :

« absolument aucune odeur perceptible ».

« Sans arôme » signifie-t-il « sans goût » ?

Pas nécessairement.

Même en l’absence d’arôme ajouté, les ingrédients d’un produit peuvent posséder une saveur ou une sensation perceptible en bouche.

Il faut donc distinguer :

absence d’arôme ajouté

et

absence totale de goût.

Ce ne sont pas exactement les mêmes affirmations.

Pourquoi certains lubrifiants sont-ils aromatisés ?

L’objectif est généralement sensoriel.

Un produit peut être formulé pour apporter une saveur ou une sensation particulière lors d’une utilisation intime.

Cela peut notamment intéresser des personnes recherchant un produit explicitement destiné à un usage oral.

Ce n’est ni intrinsèquement meilleur ni intrinsèquement moins bon qu’un lubrifiant neutre.

C’est un usage et une préférence différents.

Un lubrifiant aromatisé peut-il être utilisé par voie vaginale ?

Cela dépend du produit.

Il ne faut surtout pas appliquer la règle actuelle de l’article :

« aromatisé = jamais vaginal ».

Certains fabricants peuvent concevoir un produit aromatisé pour plusieurs usages.

D’autres peuvent limiter son utilisation.

La bonne information se trouve donc dans :

  • les indications du fabricant ;
  • la notice ;
  • les précautions d’emploi ;
  • l’étiquetage du produit.

Si un produit est explicitement prévu pour un usage vaginal, son caractère aromatisé ne permet pas à lui seul de conclure qu’il faut l’interdire.

Faut-il utiliser deux lubrifiants différents pour oral puis vaginal ?

Pas nécessairement.

Si un produit est explicitement prévu par son fabricant pour les deux usages, il n’existe pas de raison générale d’imposer deux lubrifiants.

En revanche, si un produit est indiqué uniquement pour un usage particulier, il faut respecter cette indication.

La règle simple devient donc :

ne déduisez pas l’usage du goût du produit ; vérifiez son étiquetage.

La glycérine rend-elle un lubrifiant aromatisé mauvais pour le vagin ?

Non, pas automatiquement.

La glycérine est utilisée dans de nombreuses formulations.

Sa présence ne permet pas à elle seule de conclure :

  • que le produit provoquera une mycose ;
  • qu’il perturbera la flore ;
  • qu’il sera irritant.

Si vous avez identifié qu’une formule particulière ne vous convient pas, vous pouvez évidemment en choisir une autre.

Mais :

Glycerin dans l’INCI ≠ mycose assurée.

Et les édulcorants ?

Ils peuvent être utilisés pour modifier le goût de certaines formulations.

Leur présence ne permet pas non plus de déterminer automatiquement si le produit est adapté au vagin.

Le produit fini et l’usage indiqué par son fabricant restent les informations essentielles.

Menthe, effet frais ou chaud : est-ce la même chose qu’un arôme ?

Non.

Un produit peut avoir :

  • une odeur ;
  • une saveur ;
  • un effet chauffant ;
  • un effet rafraîchissant ;
  • plusieurs de ces caractéristiques à la fois.

Par exemple, une sensation mentholée peut avoir une fonction sensorielle différente d’un simple goût menthe.

Il faut donc regarder la fonction annoncée du produit plutôt que de se limiter au nom de sa saveur.

Faut-il éviter les lubrifiants chauffants ou rafraîchissants ?

Pas systématiquement.

Ils sont conçus pour les personnes qui recherchent volontairement ces sensations.

En revanche, si vous avez :

  • une irritation ;
  • des brûlures inexpliquées ;
  • des douleurs ;
  • une vulvodynie ;
  • ou une zone particulièrement sensible,

une formule neutre peut être plus simple à évaluer.

Une sensation volontairement chauffante ou rafraîchissante peut compliquer la distinction entre l’effet recherché et une mauvaise tolérance.

Qu’est-ce qu’un lubrifiant « neutre » ?

Le mot neutre est souvent utilisé commercialement, mais il peut recouvrir plusieurs idées.

Il peut signifier selon le produit :

  • sans parfum ajouté ;
  • sans arôme ajouté ;
  • sans effet chauffant ou rafraîchissant ;
  • goût peu marqué ;
  • odeur peu marquée.

Il est donc préférable de regarder ce que la marque entend réellement par “neutre” plutôt que de considérer ce terme comme une catégorie réglementaire garantissant certaines propriétés.

Un lubrifiant neutre est-il le plus sûr ?

Pas automatiquement.

Une formule sans parfum et sans arôme peut être plus simple pour quelqu’un qui souhaite éviter ces ingrédients ou qui les tolère mal.

Mais « neutre » ne signifie pas :

  • hypoallergénique ;
  • non irritant pour tout le monde ;
  • meilleur pour la flore ;
  • meilleur médicalement ;
  • sans risque.

La tolérance dépend toujours du produit complet et de la personne qui l’utilise.

Faut-il choisir la composition la plus courte possible ?

Non comme règle de sécurité.

Une liste de trois ingrédients est plus facile à lire qu’une liste de quinze.

C’est un véritable avantage de transparence.

Mais le nombre d’ingrédients ne permet pas de prédire à lui seul la tolérance du produit.

Une formule longue peut être bien tolérée.

Une formule courte peut contenir un ingrédient auquel une personne réagit.

Comment choisir si l’on souhaite un lubrifiant pour le sexe oral ?

Commencez par vérifier que le fabricant indique explicitement cet usage.

Ensuite, vous pouvez choisir selon vos préférences :

  • saveur ou absence de saveur ajoutée ;
  • texture ;
  • base d’eau ou autre formulation adaptée ;
  • compatibilité avec les autres pratiques prévues.

Si vous utilisez également un préservatif, vérifiez séparément la compatibilité entre le lubrifiant et son matériau.

Et pour un usage vaginal ?

Vérifiez que le produit est prévu pour cet usage et qu’il est bien toléré.

Il n’existe pas une obligation universelle :

« vaginal = uniquement sans parfum et sans arôme ».

En revanche, si vous présentez déjà des irritations ou avez identifié qu’un produit parfumé vous convient mal, une formule sans parfum ajouté constitue un choix logique.

Et pour un usage anal ?

Même principe :

vérifiez l’usage annoncé par le fabricant et recherchez avant tout une glisse suffisante.

La pénétration anale nécessite une lubrification externe car l’anus ne produit pas de lubrification naturelle comparable à celle qui peut apparaître dans le vagin lors de l’excitation.

Parfum ou absence de parfum ne constitue donc pas le principal critère de choix.

Comment savoir si un lubrifiant me convient mal ?

Soyez attentive à l’apparition répétée après utilisation de :

  • brûlures ;
  • démangeaisons ;
  • rougeurs ;
  • irritation ;
  • douleur.

Dans ce cas, arrêtez le produit.

Si les symptômes persistent, sont importants ou s’accompagnent de pertes inhabituelles, il est utile de consulter afin de vérifier qu’il ne s’agit pas d’une infection ou d’un autre problème.

Peut-on identifier l’ingrédient responsable soi-même ?

Pas toujours.

Une liste INCI peut aider à comparer plusieurs produits.

Mais si une formule provoque une réaction, il n’est pas possible de désigner automatiquement le parfum, la glycérine ou un conservateur comme responsable sans autre élément.

La formulation complète compte.

En cas de réactions importantes ou répétées, un avis médical peut être nécessaire.

Et Concept S : parfumé, aromatisé ou neutre ?

Concept S possède actuellement une liste INCI de trois ingrédients :

Dimethicone · C15-19 Alkane · Dimethiconol

La formule ne comporte pas de parfum ajouté.

Elle n’a pas non plus pour objectif d’apporter une saveur fruitée, sucrée ou mentholée.

Concept S est donc pertinent pour les personnes qui recherchent avant tout :

  • une glisse longue durée ;
  • une formule sans parfum ajouté ;
  • une expérience sans effet chauffant ou rafraîchissant volontaire.

Il ne faut toutefois pas en conclure que Concept S est :

  • garanti sans aucune odeur perceptible ;
  • garanti sans aucune saveur perceptible ;
  • hypoallergénique ;
  • impossible à irriter ;
  • ou médicalement supérieur à tous les lubrifiants parfumés.

Une formule simple et non parfumée est un choix de formulation, pas une garantie universelle de tolérance.

En résumé

Parfumé, aromatisé ou neutre ne permettent pas, à eux seuls, de déterminer si un lubrifiant est adapté à un usage donné.

Retenez surtout :

  • PARFUM et AROMA peuvent désigner des compositions parfumantes ou aromatiques dans une liste cosmétique ;
  • AROMA ne signifie pas automatiquement « alimentaire » ou « sûr à avaler » ;
  • pour un usage oral, vérifiez que cet usage est explicitement prévu par le fabricant ;
  • un produit aromatisé n’est pas automatiquement interdit en usage vaginal ;
  • certains ingrédients parfumants peuvent provoquer des réactions chez des personnes sensibles ;
  • un parfum ne signifie pas automatiquement perturbation du pH, mycose ou vaginose ;
  • sans parfum ne signifie pas forcément sans odeur ;
  • sans arôme ne signifie pas forcément absence totale de goût ;
  • la glycérine ne doit pas être considérée automatiquement comme responsable de mycoses ;
  • une formule neutre n’est pas automatiquement plus sûre ;
  • le nombre d’ingrédients ne garantit pas la tolérance ;
  • l’usage indiqué par le fabricant reste une information déterminante.

Le bon réflexe n’est donc pas “parfum = mauvais, arôme = oral”. Il consiste à vérifier l’usage prévu, la composition complète et surtout votre propre tolérance.

FAQ — Lubrifiant parfumé, aromatisé ou neutre

Quelle est la différence entre Parfum et Aroma dans une liste INCI ?

Ces termes peuvent être utilisés pour désigner des compositions parfumantes ou aromatiques. Ils ne permettent pas à eux seuls de déterminer tous les usages du produit.

Aroma signifie-t-il que le lubrifiant est comestible ?

Non. La présence du mot Aroma ne constitue pas une garantie permettant d’ingérer le produit.

Comment savoir si un lubrifiant peut être utilisé pour le sexe oral ?

Vérifiez que le fabricant indique explicitement que le produit est adapté à cet usage.

Un lubrifiant aromatisé peut-il être utilisé dans le vagin ?

Cela dépend du produit. Respectez l’usage indiqué par le fabricant plutôt que d’appliquer une interdiction générale aux produits aromatisés.

Le parfum provoque-t-il des mycoses ?

On ne peut pas établir cette règle générale. Un produit peut provoquer une irritation chez certaines personnes, mais irritation et mycose sont deux situations différentes.

Un lubrifiant sans parfum est-il plus sûr ?

Pas automatiquement. Il évite simplement l’ajout d’une composition parfumante ; la tolérance dépend toujours de la formule complète.

Sans parfum signifie-t-il sans odeur ?

Non. Les matières premières peuvent posséder leur propre odeur.

Sans arôme signifie-t-il sans goût ?

Pas nécessairement. Certains ingrédients peuvent avoir naturellement une saveur perceptible.

La glycérine est-elle à éviter dans les lubrifiants aromatisés ?

Pas systématiquement. Sa présence ne signifie pas automatiquement qu’un produit provoquera une mycose ou une irritation.

Un lubrifiant neutre convient-il à tout le monde ?

Non. Il peut être très polyvalent, mais aucune formule ne peut garantir une tolérance parfaite chez tout le monde.