Fibromyalgie et vie intime : douleurs, sécheresse et rôle du lubrifiant

Fibromyalgie et vie intime – comment le lubrifiant peut aider à réduire la douleur et améliorer le confort

La fibromyalgie peut avoir un retentissement sur la vie intime, mais toutes les douleurs pendant les rapports ne doivent pas lui être automatiquement attribuées.

Douleurs chroniques, hypersensibilité, fatigue, troubles du sommeil, anxiété ou effets indésirables de certains traitements peuvent rendre la sexualité plus difficile à certains moments.

Lorsqu’un manque de glisse augmente les frottements, un lubrifiant peut améliorer le confort. Mais il ne traite ni la fibromyalgie ni les autres causes possibles d’une douleur à la pénétration.

Pourquoi la fibromyalgie peut-elle affecter la vie intime ?

La fibromyalgie est une maladie chronique dont le principal symptôme est une douleur diffuse et persistante.

Elle peut également s’accompagner de :

  • fatigue importante ;
  • sommeil perturbé ;
  • hypersensibilité à la pression ;
  • troubles anxieux ou dépressifs ;
  • difficultés de concentration ;
  • fluctuations importantes des symptômes.

Ce retentissement ne s’arrête évidemment pas à la porte de la chambre.

Lorsqu’une personne est douloureuse, très fatiguée ou appréhende certains mouvements, l’envie, la disponibilité physique et la façon de vivre un rapport peuvent changer.

Cela ne signifie pas que toutes les personnes atteintes de fibromyalgie rencontreront des difficultés sexuelles.

La fibromyalgie augmente-t-elle la sensibilité à la douleur ?

La perception et le contrôle de la douleur sont perturbés dans la fibromyalgie.

Une sensibilité accrue à la pression peut notamment être observée.

Il faut toutefois éviter un raccourci :

fibromyalgie ≠ douleur génitale automatique.

Une douleur vulvaire ou vaginale peut avoir de nombreuses autres causes et mérite d’être évaluée comme telle.

La fibromyalgie peut-elle provoquer des douleurs pendant la pénétration ?

Elle peut participer à un contexte dans lequel certains contacts ou certaines positions sont moins bien tolérés.

Mais une douleur pendant les rapports, appelée dyspareunie, possède de nombreuses causes possibles :

  • manque de lubrification ;
  • sécheresse vulvovaginale ;
  • vaginisme ou contraction importante du périnée ;
  • vulvodynie ;
  • infection ;
  • cicatrice ;
  • ménopause ;
  • endométriose ou autre cause gynécologique.

Il ne faut donc pas conclure :

« J’ai une fibromyalgie, donc ma douleur pendant la pénétration vient forcément de là. »

Si la douleur est persistante ou répétée, sa localisation et sa cause doivent être recherchées.

La fatigue peut-elle modifier la sexualité ?

Oui, elle peut avoir un retentissement important.

Une fatigue intense peut modifier le désir, l’envie d’un rapport, la capacité à maintenir certaines positions ou simplement le moment où une personne se sent disponible pour une activité sexuelle.

En revanche, il est trop simpliste d’écrire :

« fatigue = absence de lubrification naturelle ».

Lubrification, excitation et désir sont liés mais ne sont pas exactement la même chose.

Une personne peut avoir du désir et peu lubrifier, ou au contraire présenter une lubrification sans désir important.

Fibromyalgie et sécheresse intime : existe-t-il un lien direct ?

La sécheresse intime n’est pas un symptôme qui doit être automatiquement expliqué par la fibromyalgie.

Lorsqu’elle apparaît, d’autres facteurs doivent également être envisagés :

  • ménopause ou variations hormonales ;
  • allaitement ou post-partum ;
  • certains médicaments ;
  • irritation locale ;
  • autres problèmes de santé.

Une sécheresse persistante, surtout si elle existe également en dehors des rapports, mérite donc d’être abordée avec un professionnel de santé.

Les médicaments contre la fibromyalgie peuvent-ils modifier la vie sexuelle ?

Cela dépend du médicament.

La prise en charge de la fibromyalgie peut, selon les situations, inclure certains antidépresseurs ou médicaments habituellement utilisés contre certaines douleurs neuropathiques.

Selon la molécule, des effets indésirables peuvent concerner :

  • le désir ;
  • l’excitation ;
  • l’orgasme ;
  • la fonction sexuelle ;
  • parfois la sécheresse vaginale.

Mais il ne faut pas généraliser ces effets à tous les antidépresseurs ou à tous les traitements utilisés dans la fibromyalgie.

Si un problème intime apparaît après le début ou la modification d’un traitement, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien.

N’arrêtez pas votre traitement de votre propre initiative.

Quel est le rôle réel du lubrifiant ?

Le lubrifiant agit principalement sur un phénomène très simple :

les frottements.

Lorsque la glisse est insuffisante, les frottements peuvent entraîner :

  • échauffement ;
  • tiraillement ;
  • sensation de brûlure ;
  • irritation ;
  • inconfort pendant la pénétration.

Ajouter un lubrifiant peut alors rendre le contact plus confortable.

C’est particulièrement intéressant lorsque le problème apparaît ou augmente lorsque la glisse diminue.

Le lubrifiant peut-il soulager les douleurs de la fibromyalgie ?

Il ne traite pas la fibromyalgie.

Il peut seulement diminuer une composante mécanique de l’inconfort lorsque les frottements participent au problème.

Il faut donc distinguer :

douleur provoquée ou aggravée par les frottements → le lubrifiant peut aider

et

douleur présente malgré une bonne lubrification → il faut rechercher une autre explication.

Ajouter toujours davantage de lubrifiant n’est pas une réponse à toutes les douleurs.

Faut-il éviter la glycérine en cas de fibromyalgie ?

Non, pas systématiquement.

Il n’existe pas de règle médicale selon laquelle les personnes atteintes de fibromyalgie devraient obligatoirement éviter la glycérine dans un lubrifiant.

Sa présence ne signifie pas automatiquement que le produit provoquera une irritation ou une mycose.

La tolérance dépend de la personne et de la formulation complète.

Si vous avez identifié qu’un produit particulier vous irrite, cessez simplement de l’utiliser.

Faut-il éviter les parfums et les produits à effet ?

Il n’existe pas non plus de liste spécifique d’ingrédients interdits aux personnes atteintes de fibromyalgie.

Cependant, lorsqu’une personne présente déjà une irritation ou une forte sensibilité intime, choisir une formule neutre peut simplifier l’évaluation de sa tolérance.

Un produit chauffant, rafraîchissant, parfumé ou procurant volontairement des picotements ajoute une sensation supplémentaire.

Ce n’est pas nécessairement dangereux, mais cela peut être peu pertinent lorsque l’objectif principal est simplement d’obtenir une glisse confortable et de comprendre l’origine d’un inconfort.

Une composition courte est-elle préférable ?

Une composition courte possède un avantage :

elle est plus facile à lire.

Mais elle n’est pas automatiquement mieux tolérée.

Trois ingrédients peuvent parfaitement contenir une substance qu’une personne tolère mal, alors qu’une formule plus longue peut lui convenir.

Il faut donc éviter la règle :

« moins d’ingrédients = moins de risque ».

Le nombre d’ingrédients est une information, pas une garantie médicale.

Eau ou silicone en cas de fibromyalgie ?

Les deux peuvent convenir.

Il n’existe pas une base spécifiquement recommandée pour la fibromyalgie.

Lubrifiant à base d’eau

Il est généralement facile à rincer et peut convenir à de nombreux usages.

Selon la formule et la durée du rapport, il peut être nécessaire d’en remettre.

Lubrifiant silicone

Il offre généralement une glisse plus durable et nécessite souvent moins de réapplications.

Cette caractéristique peut être intéressante pour une personne chez qui la diminution de la glisse devient rapidement inconfortable.

Mais cela ne signifie pas que le silicone possède une action particulière sur la fibromyalgie ou sur les mécanismes neurologiques de la douleur.

Comment adapter sa vie intime lorsque le corps est douloureux ?

Le lubrifiant n’est qu’un outil parmi d’autres.

Choisir le bon moment

Les symptômes de la fibromyalgie peuvent varier considérablement.

Il peut être plus confortable de privilégier les périodes où la douleur et la fatigue sont moins importantes.

Prendre davantage de temps

Il n’existe aucune obligation d’atteindre rapidement la pénétration.

Prendre son temps permet aussi de déterminer progressivement quels contacts sont agréables ou non.

Adapter les positions

Certaines positions sollicitent davantage les muscles, les articulations ou nécessitent de maintenir un effort.

L’objectif est de trouver ce qui demande le moins d’effort et provoque le moins de douleur pour la personne concernée.

Des coussins ou des appuis peuvent par exemple aider à limiter certaines contraintes physiques.

Ne pas faire de la pénétration une obligation

La sexualité ne se limite pas à la pénétration.

Lorsque celle-ci est douloureuse un jour donné, il est parfaitement possible de privilégier d’autres formes d’intimité.

Communiquer pendant le rapport

Une douleur chronique fluctue.

Une pratique confortable un jour peut être désagréable un autre jour.

Il est donc utile de pouvoir modifier ou arrêter une pratique sans considérer cela comme un échec.

Faut-il continuer malgré la douleur ?

Non.

Une douleur importante n’est pas un signal qu’il faudrait simplement dépasser.

Si une pratique fait mal :

  • ralentissez ;
  • modifiez la position ou le contact ;
  • ajoutez du lubrifiant si les frottements semblent en cause ;
  • ou arrêtez.

Se forcer peut renforcer l’appréhension d’un rapport ultérieur.

Quand la douleur intime mérite-t-elle une consultation ?

Une fibromyalgie connue ne doit pas conduire à attribuer automatiquement toute nouvelle douleur à la maladie.

Consultez notamment si :

  • les rapports deviennent régulièrement douloureux ;
  • la pénétration devient très difficile ou impossible ;
  • vous présentez une douleur localisée à la vulve ;
  • la douleur est profonde ;
  • vous avez des brûlures ou démangeaisons persistantes ;
  • vous avez des pertes vaginales inhabituelles ;
  • vous présentez des saignements répétés ;
  • la sécheresse devient permanente ;
  • un problème est apparu après le début d’un médicament ;
  • la situation détériore fortement votre vie intime.

Selon les symptômes, médecin généraliste, gynécologue, sage-femme, professionnel du périnée ou spécialiste de la douleur peuvent participer à la prise en charge.

Et Concept S en cas de fibromyalgie ?

Concept S est un lubrifiant silicone dont la formule actuelle comporte trois ingrédients :

Dimethicone · C15-19 Alkane · Dimethiconol

Il est sans parfum et sans glycérine et apporte une glisse longue durée.

Cela peut être intéressant pour une personne recherchant avant tout une formule simple à lire et une glisse qui nécessite peu de réapplications.

Mais Concept S ne doit pas être présenté comme :

  • un traitement de la fibromyalgie ;
  • un produit antidouleur ;
  • un produit spécialement conçu pour les personnes fibromyalgiques ;
  • une solution contre une vulvodynie ou un vaginisme ;
  • ou une formule nécessairement mieux tolérée parce qu’elle ne comporte que trois ingrédients.

Son rôle reste celui d’un lubrifiant : réduire les frottements et améliorer la glisse.

En résumé

La fibromyalgie peut compliquer la vie intime en raison des douleurs, de l’hypersensibilité, de la fatigue et du retentissement global de la maladie.

Mais il faut éviter de tout expliquer par elle.

Retenez surtout :

  • la fibromyalgie modifie la perception de la douleur mais n’explique pas automatiquement une douleur génitale ;
  • une douleur pendant les rapports peut avoir de nombreuses autres causes ;
  • la fatigue peut modifier la disponibilité et le désir sans entraîner systématiquement une sécheresse ;
  • certains médicaments peuvent avoir des effets sexuels, selon la molécule ;
  • un lubrifiant réduit les frottements mais ne traite pas la fibromyalgie ;
  • eau et silicone peuvent tous les deux convenir ;
  • glycérine et conservateurs ne doivent pas être systématiquement bannis ;
  • une composition courte est plus lisible mais pas automatiquement plus sûre ;
  • une douleur persistante ou inhabituelle mérite d’être évaluée.

L’objectif n’est pas de faire disparaître toutes les difficultés avec un lubrifiant, mais d’identifier ce qui relève des frottements, ce qui relève de la douleur chronique et ce qui nécessite une prise en charge spécifique.

FAQ — Fibromyalgie et vie intime

La fibromyalgie peut-elle rendre les rapports douloureux ?

Elle peut contribuer à un contexte de douleur et d’hypersensibilité, mais une douleur pendant les rapports peut également avoir de nombreuses autres causes.

Un lubrifiant peut-il soulager la fibromyalgie ?

Non. Il peut réduire les frottements pendant une activité sexuelle mais n’agit pas sur la maladie elle-même.

Quel lubrifiant choisir avec une fibromyalgie ?

Il n’existe pas de lubrifiant spécifiquement recommandé. Une base d’eau ou de silicone peut convenir selon l’usage et la tolérance personnelle.

Le silicone est-il préférable ?

Pas médicalement. Son principal avantage pratique est une glisse généralement plus durable.

Faut-il éviter la glycérine ?

Pas systématiquement. La fibromyalgie ne constitue pas en elle-même une indication à choisir obligatoirement un produit sans glycérine.

Une formule courte est-elle plus sûre ?

Pas nécessairement. Elle est surtout plus facile à comprendre.

Que faire si la pénétration reste douloureuse malgré le lubrifiant ?

Ne multipliez pas simplement les applications. Une douleur persistante mérite que sa cause soit recherchée.