Vaginisme et lubrifiant : peut-il aider et lequel choisir ?

Vaginisme et lubrifiant – ce que le gel peut vraiment aider et ses limites dans le traitement

Oui, un lubrifiant peut être utile en cas de vaginisme, mais il ne traite pas à lui seul le trouble. Son rôle principal est de réduire les frottements et d’améliorer le confort lorsqu’un contact, un exercice avec un dispositif vaginal ou une pénétration est possible.

Le vaginisme peut s’accompagner d’une forte appréhension de la pénétration et, dans certaines situations, d’une contraction ou d’une hypertonie du périnée. Le CNGOF rappelle également qu’un vaginisme peut apparaître secondairement après une période de rapports douloureux.

La prise en charge doit donc chercher la cause de la douleur ou de l’impossibilité de pénétration, et pas simplement ajouter davantage de lubrifiant.

Qu’est-ce que le vaginisme ?

Le vaginisme correspond à une difficulté importante, voire une impossibilité, à accepter une pénétration vaginale.

Le Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français distingue notamment :

  • le vaginisme primaire, présent dès les premières tentatives de pénétration ;
  • le vaginisme secondaire, apparaissant après une période pendant laquelle la pénétration était possible, parfois après des rapports durablement douloureux.

La peur de la douleur et l’anticipation de la pénétration peuvent jouer un rôle important.

Mais il est essentiel de ne pas considérer automatiquement toute douleur à la pénétration comme un vaginisme.

Des douleurs vulvaires, une vulvodynie, une irritation, une infection ou d’autres causes gynécologiques peuvent également être responsables d’un rapport douloureux. Le CNGOF souligne notamment qu’une douleur vulvaire importante peut elle-même déclencher un vaginisme secondaire.

Le lubrifiant peut-il traiter le vaginisme ?

Non.

Un lubrifiant ne traite pas directement les mécanismes à l’origine du vaginisme.

Il ne doit donc pas être présenté comme un traitement permettant, à lui seul, de supprimer :

  • l’appréhension de la pénétration ;
  • l’hypertonie périnéale ;
  • une douleur gynécologique ;
  • une vulvodynie ;
  • ou un autre trouble associé.

Son rôle est plus simple : réduire les frottements lorsque la zone intime est touchée ou lorsqu’une introduction vaginale est envisagée.

Cela peut être utile dans un parcours thérapeutique, mais le lubrifiant reste un outil de confort.

Alors à quoi sert le lubrifiant en cas de vaginisme ?

Il peut avoir plusieurs intérêts.

Réduire les frottements

Lorsque le contact avec l’entrée du vagin est possible, une lubrification suffisante permet de limiter les frottements inutiles.

C’est particulièrement intéressant lorsque la peur de la douleur est déjà présente : ajouter une irritation mécanique n’apporte évidemment rien au processus de rééducation.

Faciliter certains exercices

Dans certains parcours de soins, des dispositifs vaginaux ou des dilatateurs peuvent être proposés avec un accompagnement professionnel.

L’AP-HP cite notamment les dilatateurs, les lubrifiants, la rééducation périnéale, le suivi sexologique et l’accompagnement psychologique parmi les outils pouvant être utilisés pour retrouver progressivement une sexualité confortable dans certaines situations médicales.

Améliorer le confort lors d’une reprise de la pénétration

Lorsqu’une pénétration redevient progressivement envisageable, un lubrifiant bien toléré peut diminuer les frottements.

Mais une douleur importante ne doit jamais être considérée comme quelque chose qu’il faut dépasser en ajoutant simplement davantage de lubrifiant.

Faut-il utiliser des dilatateurs en cas de vaginisme ?

Pas systématiquement.

Les dilatateurs vaginaux peuvent être utilisés dans certaines prises en charge, mais ils ne constituent pas une obligation pour toutes les personnes présentant un vaginisme.

Les techniques de dilatation progressive sont bien utilisées dans différents parcours gynécologiques français. L’AP-HP décrit notamment une progression par tailles successives de dilatateurs dans certains protocoles médicaux et insiste sur l’importance de l’accompagnement par un professionnel.

Dans le cas du vaginisme, leur intérêt et leur mode d’utilisation doivent être adaptés à chaque personne.

Il est donc préférable de les utiliser sur les conseils d’un :

  • médecin ou gynécologue ;
  • kinésithérapeute spécialisé en pelvi-périnéologie ;
  • sage-femme formée à ces troubles ;
  • ou autre professionnel impliqué dans la prise en charge.

Quel lubrifiant utiliser avec un dilatateur vaginal ?

Le premier critère est la compatibilité indiquée par le fabricant du dilatateur.

Il ne faut pas appliquer automatiquement la règle :

« dilatateur = lubrifiant à base d’eau obligatoire ».

Les dilatateurs peuvent être fabriqués dans différents matériaux et leurs fabricants peuvent donner des recommandations différentes.

Avant d’utiliser un lubrifiant :

  1. identifiez le matériau du dilatateur ;
  2. consultez sa notice ;
  3. recherchez les lubrifiants autorisés ou déconseillés par son fabricant ;
  4. en cas de doute, demandez au professionnel qui vous accompagne.

Si la notice demande un lubrifiant à base d’eau, utilisez un produit à base d’eau.

Si elle autorise d’autres bases, respectez les recommandations correspondantes.

Peut-on utiliser un lubrifiant silicone avec un dilatateur ?

Cela dépend du dilatateur.

Il est trop catégorique d’affirmer que tous les lubrifiants silicone détériorent systématiquement tous les dilatateurs en silicone.

Les matériaux et les formulations peuvent varier.

La bonne règle est donc :

ne pas utiliser un lubrifiant silicone avec un dispositif vaginal avant d’avoir vérifié sa compatibilité dans la notice du fabricant.

Cette précaution vaut également pour les sextoys et autres dispositifs intimes.

Comment utiliser le lubrifiant avec un dilatateur ?

Si des exercices avec dilatateur vous ont été conseillés, suivez avant tout le protocole donné par votre professionnel de santé et les instructions du fabricant.

En pratique, le lubrifiant sert à rendre le contact et l’introduction plus confortables.

Commencez avec la quantité recommandée et ajoutez-en si la glisse devient insuffisante.

L’exercice ne doit pas consister à forcer contre une douleur importante.

Dans les protocoles français de dilatation vaginale utilisés pour certaines indications gynécologiques, l’AP-HP insiste sur une progression douce et sur le suivi par un professionnel afin de ne pas léser les tissus.

Un exercice avec dilatateur doit-il faire mal ?

L’objectif n’est pas de provoquer une douleur importante.

Les techniques de dilatation sont justement progressives.

L’AP-HP rappelle, dans ses protocoles médicaux de dilatation vaginale, que la pression doit permettre une progression en douceur et qu’une douleur signale notamment que la pression peut être excessive.

Dans un contexte de vaginisme, cette prudence est d’autant plus importante que l’association entre pénétration et douleur peut déjà être très présente.

Si un exercice est franchement douloureux, interrompez-le et parlez-en au professionnel qui vous accompagne.

Plus de lubrifiant permet-il de vaincre le vaginisme ?

Non.

C’est une distinction importante.

Si l’inconfort vient principalement d’un manque de glisse, ajouter du lubrifiant peut effectivement améliorer les sensations.

Mais lorsque l’impossibilité de pénétration est liée au vaginisme, augmenter indéfiniment la quantité de lubrifiant ne résout pas le problème.

La prise en charge doit s’intéresser aux mécanismes responsables de la difficulté.

Quel professionnel consulter pour un vaginisme ?

Il n’existe pas nécessairement un parcours identique pour toutes les personnes.

Selon la situation, plusieurs professionnels peuvent intervenir.

Gynécologue ou médecin

Un examen médical peut être utile pour rechercher une autre cause de douleur à la pénétration.

Le CNGOF rappelle que les douleurs sexuelles peuvent notamment être liées à des pathologies vulvaires ou gynécologiques et qu’un vaginisme secondaire peut se développer après des douleurs prolongées.

Kinésithérapeute spécialisé en pelvi-périnéologie

La rééducation peut intervenir dans la prise en charge des troubles pelvi-périnéaux douloureux ou sexuels.

L’AP-HP propose notamment des parcours spécialisés intégrant différentes techniques de rééducation pour les troubles pelvi-périnéaux et sexuels douloureux.

Sexologue ou psychologue

Lorsque l’appréhension, la peur de la douleur ou le vécu émotionnel occupent une place importante, un accompagnement sexologique ou psychologique peut être pertinent.

L’AP-HP cite le suivi sexologique et le soutien psychologique parmi les moyens utilisés dans la prise en charge des difficultés sexuelles et des blocages.

L’approche peut donc être pluridisciplinaire, selon les besoins de la personne.

Faut-il absolument réussir une pénétration ?

Non.

La sexualité ne se limite pas à la pénétration vaginale.

Un parcours de prise en charge du vaginisme ne devrait pas transformer la pénétration en épreuve ou en obligation.

L’objectif est plutôt de retrouver du confort, de diminuer la peur ou la douleur et de permettre à la personne de faire ses propres choix concernant sa sexualité.

Le rythme doit rester individuel.

Peut-on avoir des rapports pendant une prise en charge du vaginisme ?

Cela dépend de ce qui est confortable et souhaité.

Il n’est pas nécessaire de maintenir des tentatives de pénétration douloureuses.

D’autres formes d’intimité et de sexualité peuvent être privilégiées pendant cette période.

Si une pénétration est envisagée, elle doit rester progressive, consentie et sans objectif de « réussir coûte que coûte ».

Que faire si la pénétration devient soudainement douloureuse alors qu’elle ne l’était pas avant ?

Il est préférable de rechercher la cause.

Un vaginisme secondaire peut survenir après une longue période de rapports douloureux, mais la douleur initiale peut avoir différentes origines.

Elle peut notamment être associée à :

  • une irritation ;
  • une vaginite ;
  • une sécheresse ;
  • une vulvodynie ;
  • une autre affection gynécologique.

L’Assurance Maladie rappelle par exemple qu’une irritation ou une vaginite peut être provoquée par différents facteurs, y compris certains produits appliqués localement.

Une douleur persistante mérite donc un avis médical.

Quel lubrifiant choisir lorsqu’on a un vaginisme ?

Il n’existe pas de « meilleur lubrifiant contre le vaginisme ».

Pour le confort intime, choisissez avant tout un produit :

  • destiné à l’usage prévu ;
  • bien toléré ;
  • suffisamment lubrifiant ;
  • dont la composition est clairement indiquée ;
  • sans parfum si vous êtes sensible aux irritations ;
  • compatible avec les éventuels préservatifs utilisés ;
  • et compatible avec votre dilatateur ou dispositif si vous en utilisez un.

Si un produit provoque des brûlures ou une irritation, arrêtez-le.

L’Assurance Maladie indique que certains gels lubrifiants peuvent être impliqués dans des irritations vaginales chez les personnes qui les tolèrent mal.

Eau ou silicone en cas de vaginisme ?

Les deux bases peuvent convenir pour un usage intime, selon le contexte.

Lubrifiant à base d’eau

Il est généralement facile à nettoyer et souvent compatible avec de nombreux dispositifs.

Lubrifiant silicone

Il offre généralement une glisse plus durable et nécessite souvent moins de réapplications.

Le vaginisme, à lui seul, ne permet pas de dire qu’une base est médicalement supérieure à l’autre.

Si un dilatateur ou un autre dispositif est utilisé, sa notice décide de la compatibilité.

Et Concept S ?

Concept S est un lubrifiant silicone composé de trois ingrédients :

Dimethicone · C15-19 Alkane · Dimethiconol

Sa formule est sans parfum et offre une glisse longue durée.

Concept S ne traite pas le vaginisme et ne doit pas être présenté comme un produit thérapeutique.

Pour les rapports ou d’autres usages intimes où une glisse durable est recherchée, il peut être utilisé lorsqu’il est bien toléré et adapté à la situation.

En revanche, si vous utilisez un dilatateur vaginal, une sonde ou un autre dispositif, vérifiez impérativement sa notice avant d’utiliser Concept S.

Si le fabricant du dispositif recommande uniquement un lubrifiant à base d’eau, Concept S ne doit pas être utilisé à sa place.

Cette distinction est importante : un lubrifiant adapté aux rapports n’est pas automatiquement compatible avec un dispositif utilisé dans un parcours thérapeutique.

Vaginisme, douleurs à la pénétration et vulvodynie

Le vaginisme n’est pas la seule cause possible d’une pénétration douloureuse.

Pour une vue plus générale, consultez notre guide sur les différentes causes de douleurs à la pénétration et les situations dans lesquelles un lubrifiant peut aider.

Si la douleur concerne principalement la vulve ou l’entrée du vagin, découvrez aussi ce qu’est la vulvodynie et quelle place le lubrifiant peut avoir dans le confort intime.

En résumé

Le lubrifiant peut aider en cas de vaginisme, mais il ne traite pas le vaginisme.

Il peut :

  • réduire les frottements ;
  • améliorer le confort ;
  • accompagner certains exercices lorsqu’un professionnel les recommande ;
  • faciliter une reprise progressive de certains contacts ou de la pénétration.

Mais il ne remplace pas la recherche de la cause ni une prise en charge adaptée.

Si vous utilisez des dilatateurs, ne choisissez pas le lubrifiant uniquement en fonction de leur matériau supposé : vérifiez toujours les recommandations du fabricant.

Et lorsqu’une pénétration est douloureuse ou impossible, l’objectif n’est jamais de forcer.

FAQ : vaginisme et lubrifiant

Le lubrifiant peut-il guérir le vaginisme ?

Non. Il peut réduire les frottements et améliorer le confort, mais il ne traite pas à lui seul les mécanismes responsables du vaginisme.

Quel lubrifiant utiliser en cas de vaginisme ?

Il n’existe pas de produit universel. Choisissez un lubrifiant intime bien toléré et adapté à l’usage. Si vous utilisez un dilatateur, vérifiez sa notice.

Faut-il utiliser un lubrifiant avec les dilatateurs vaginaux ?

Une lubrification peut faciliter l’introduction de certains dispositifs, mais le produit utilisé doit être compatible avec le dilatateur et avec les recommandations de votre professionnel.

Le lubrifiant doit-il obligatoirement être à base d’eau avec un dilatateur ?

Pas nécessairement dans tous les cas. Suivez la notice du fabricant. Si celle-ci demande un lubrifiant à base d’eau, respectez cette indication.

Peut-on utiliser du lubrifiant silicone avec un dilatateur en silicone ?

Ne le faites pas automatiquement. Vérifiez la compatibilité indiquée par le fabricant du dispositif plutôt que d’appliquer une règle générale à tous les silicones.

Les dilatateurs sont-ils obligatoires pour traiter le vaginisme ?

Non. Ils peuvent faire partie de certaines prises en charge, mais le parcours doit être individualisé.

Faut-il forcer avec un dilatateur pour progresser ?

Non. Les techniques de dilatation sont progressives et une douleur importante ne doit pas être considérée comme un objectif à dépasser.

Le vaginisme peut-il apparaître après des années de rapports sans problème ?

Oui. Le CNGOF décrit le vaginisme secondaire, qui peut notamment apparaître après une période prolongée de rapports douloureux.

Qui consulter pour un vaginisme ?

Un gynécologue ou médecin peut rechercher une cause de douleur. Selon la situation, un kinésithérapeute spécialisé, une sage-femme, un sexologue ou un psychologue peuvent également participer à la prise en charge.

Peut-on avoir une vie sexuelle sans pénétration pendant le traitement ?

Oui. La sexualité ne se limite pas à la pénétration. Il n’est pas nécessaire de poursuivre des tentatives douloureuses pour maintenir une vie intime.

Pour aller plus loin

Douleurs à la pénétration : comprendre et retrouver le confort

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Sources françaises

  • CNGOF – Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français : vaginisme, douleurs sexuelles, vulvodynie et prise en charge.
  • AP-HP : accompagnement de la santé sexuelle, rééducation périnéale, dilatateurs, suivi sexologique et psychologique.
  • Hôpital Necker – AP-HP : principes de progression et d’accompagnement médical lors de techniques de dilatation vaginale.
  • Assurance Maladie – ameli.fr : vaginites, irritations vaginales et intolérance possible à certains produits locaux, dont les gels lubrifiants.