La sexualité ne s’arrête pas à 70 ans. Les envies, les pratiques et la fréquence peuvent évoluer, mais le besoin de confort, d’intimité et de plaisir reste individuel à tout âge.
Avec le vieillissement, plusieurs changements peuvent cependant modifier les rapports : sécheresse vulvovaginale après la ménopause, troubles de l’érection, maladies chroniques, fatigue, mobilité différente ou prise de plusieurs médicaments.
Un lubrifiant peut alors être très utile lorsqu’un manque de glisse crée des frottements.
Mais après 70 ans comme avant, il faut distinguer ce qu’un lubrifiant peut améliorer de ce qui nécessite une prise en charge médicale.
Avoir une vie sexuelle après 70 ans est-il inhabituel ?
Non.
Il n’existe pas d’âge auquel la sexualité devrait automatiquement disparaître.
Certaines personnes continuent à avoir une activité sexuelle régulière.
D’autres modifient leurs pratiques.
D’autres encore n’ont plus d’activité sexuelle et le vivent parfaitement bien.
Il n’existe pas de modèle idéal.
Le plus important est que la sexualité, lorsqu’elle existe, reste :
- désirée ;
- confortable ;
- adaptée à l’état de santé ;
- respectueuse des envies et des limites de chacun.
Le corps change-t-il après 70 ans ?
Oui, mais pas de manière identique chez tout le monde.
L’âge peut s’accompagner de changements physiques susceptibles d’avoir un impact sur la sexualité.
Chez les femmes, les conséquences de la ménopause peuvent notamment persister ou évoluer au fil des années.
Chez les hommes, les troubles de l’érection deviennent plus fréquents avec l’âge et peuvent être liés à l’état cardiovasculaire, aux maladies chroniques, aux médicaments ou à d’autres facteurs.
Mais âge ne signifie pas automatiquement absence de désir ou impossibilité d’avoir une vie sexuelle satisfaisante.
Pourquoi la sécheresse vaginale peut-elle persister après 70 ans ?
Après la ménopause, la diminution des estrogènes peut entraîner des modifications durables de la vulve et du vagin.
Elles peuvent notamment provoquer :
- sécheresse ;
- irritation ;
- brûlure ;
- diminution du confort ;
- douleur lors des rapports ;
- certains troubles urinaires.
Ces symptômes sont regroupés sous le terme de syndrome génito-urinaire de la ménopause.
Ils ne sont pas obligatoires chez toutes les femmes.
Mais lorsqu’ils existent, ils peuvent persister longtemps après la fin des règles.
La sécheresse après 70 ans est-elle simplement un manque de lubrification ?
Pas toujours.
C’est une distinction importante.
Manque de lubrification pendant un rapport
La glisse est insuffisante principalement pendant l’activité sexuelle.
Un lubrifiant peut alors améliorer directement le confort.
Sécheresse vulvovaginale persistante
L’inconfort existe également dans la vie quotidienne :
- brûlures ;
- irritation ;
- tiraillement ;
- gêne en dehors des rapports.
Dans cette situation, un lubrifiant utilisé uniquement au moment du rapport ne traite pas nécessairement l’ensemble du problème.
Des hydratants vaginaux ou une prise en charge médicale peuvent avoir un autre rôle.
Le lubrifiant peut-il aider après 70 ans ?
Oui, lorsqu’un manque de glisse contribue à l’inconfort.
Sa fonction principale est de réduire les frottements.
Il peut être utilisé :
- lors d’un rapport vaginal ;
- lors d’une pénétration anale ;
- pour la masturbation ;
- avec certains sextoys ;
- ou chaque fois qu’une glisse supplémentaire est souhaitée.
Il ne faut pas attendre que la pénétration devienne douloureuse pour en ajouter.
Faut-il utiliser davantage de lubrifiant après 70 ans ?
Pas nécessairement.
Il n’existe pas une quantité spécifique liée à l’âge.
Une personne présentant une sécheresse importante peut avoir besoin de davantage de produit.
Une autre peut n’en utiliser qu’une petite quantité.
Le bon principe reste le même à tout âge :
commencer avec une quantité suffisante pour obtenir une bonne glisse et en ajouter si les frottements réapparaissent.
Quel lubrifiant choisir après 70 ans ?
Il n’existe pas de formule universellement meilleure pour toutes les personnes âgées.
Les deux principales bases peuvent convenir.
Lubrifiant à base d’eau
Il est généralement :
- facile à rincer ;
- polyvalent ;
- compatible avec de nombreux sextoys.
Selon la formule et la durée, il peut nécessiter une réapplication.
Lubrifiant silicone
Il offre généralement :
- une glisse durable ;
- une bonne résistance à l’eau ;
- moins de réapplications.
Cette durée peut être appréciable lorsque des interruptions fréquentes sont inconfortables.
Le choix dépend surtout des préférences, de la tolérance et des éventuels préservatifs ou sextoys utilisés.
Une formule silicone est-elle forcément meilleure après 70 ans ?
Non.
La durée de glisse constitue un avantage pratique.
Mais elle ne signifie pas qu’une base silicone est médicalement supérieure à une base d’eau chez les personnes âgées.
Une formule à base d’eau bien tolérée peut parfaitement convenir.
L’important est surtout que le produit :
- apporte suffisamment de glisse ;
- soit utilisé conformément à ses indications ;
- soit bien toléré.
Faut-il choisir une formule sans parfum ?
Une formule sans parfum ajouté peut être intéressante lorsqu’une personne souhaite limiter les caractéristiques sensorielles supplémentaires ou sait qu’elle tolère mal certains produits parfumés.
Mais :
sans parfum ne signifie pas absence garantie d’irritation.
La tolérance dépend du produit fini et de la personne.
Faut-il éviter la glycérine après 70 ans ?
Non comme règle générale.
L’âge ne constitue pas une raison suffisante pour interdire systématiquement la glycérine.
La présence de cet ingrédient ne signifie pas automatiquement qu’un lubrifiant :
- provoquera une mycose ;
- sera irritant ;
- perturbera nécessairement la flore vaginale.
Si un produit particulier est mal toléré, une autre formule peut être essayée.
Une composition courte est-elle meilleure pour les personnes âgées ?
Pas automatiquement.
Une liste courte facilite surtout la lecture et la compréhension de la formule.
Elle n’est pas une garantie médicale de meilleure tolérance.
Un produit comportant trois ingrédients peut être mal toléré par une personne, tandis qu’une formule plus longue peut lui convenir parfaitement.
Le lubrifiant peut-il remplacer un hydratant vaginal ?
Non.
Les deux produits n’ont pas exactement la même fonction.
Lubrifiant
Il apporte principalement de la glisse au moment où elle est nécessaire.
Hydratant vaginal
Il est utilisé régulièrement pour améliorer le confort lorsqu’une sécheresse persiste en dehors des rapports.
Chez une femme présentant une sécheresse quotidienne après la ménopause, la distinction est importante.
Existe-t-il des traitements médicaux pour la sécheresse après la ménopause ?
Oui.
Lorsque la sécheresse vulvovaginale est importante ou persistante, un médecin peut proposer une prise en charge adaptée.
Des traitements estrogéniques locaux peuvent notamment être utilisés dans certaines situations pour traiter les symptômes vulvovaginaux liés au déficit hormonal.
D’autres traitements existent également selon le profil de la patiente.
Le choix dépend :
- des symptômes ;
- des antécédents ;
- des traitements en cours ;
- des éventuelles contre-indications.
Ces traitements doivent être discutés avec un professionnel de santé.
Existe-t-il un traitement vaginal à base de prastérone ?
Oui, il existe en France un médicament vaginal à base de prastérone dans une indication précise liée à l’atrophie vulvovaginale post-ménopausique.
Il s’agit d’un médicament sur ordonnance.
Il ne doit donc pas être présenté comme un simple produit de confort ou une alternative à utiliser librement.
La décision relève du professionnel de santé.
Et le laser vaginal ?
Le laser ou d’autres techniques physiques sont parfois proposés pour certains symptômes génito-urinaires.
Mais ils ne doivent pas être présentés comme des traitements standards équivalents aux approches dont l’efficacité et les indications sont clairement établies.
Avant d’envisager ce type de technique, un avis gynécologique est nécessaire.
Les médicaments peuvent-ils jouer un rôle après 70 ans ?
Oui, mais il faut regarder médicament par médicament.
Les personnes âgées prennent plus fréquemment plusieurs traitements en même temps.
Certains médicaments peuvent avoir des effets indésirables susceptibles de modifier :
- le confort ;
- la sexualité ;
- l’érection ;
- les sécrétions ;
- la fatigue ;
- la vigilance.
Mais il ne faut pas écrire :
« les antihypertenseurs, diurétiques et médicaments des seniors provoquent tous une sécheresse vaginale ».
Ce serait trop général.
Si un problème sexuel ou une sécheresse apparaît après l’introduction ou la modification d’un traitement, parlez-en au médecin ou au pharmacien.
N’arrêtez jamais un médicament de votre propre initiative.
Pourquoi la polymédication mérite-t-elle une attention particulière ?
Après 65 ans, la prise simultanée de plusieurs médicaments est fréquente.
Plus le nombre de traitements augmente, plus il devient important de surveiller :
- les effets indésirables ;
- les interactions ;
- les conséquences sur la qualité de vie.
La sexualité peut faire partie des sujets à évoquer lors d’une réévaluation des traitements.
Une modification importante du confort intime après un changement de médicament mérite donc d’être signalée.
Les hommes ont-ils aussi des changements sexuels après 70 ans ?
Oui.
Avec l’âge, les troubles de l’érection deviennent plus fréquents.
Ils peuvent notamment être associés :
- à l’état cardiovasculaire ;
- au diabète ;
- à certains médicaments ;
- à des facteurs psychologiques ;
- à plusieurs causes combinées.
Mais un trouble de l’érection ne signifie pas nécessairement disparition du désir ou impossibilité d’avoir un orgasme.
Il existe des traitements lorsque le trouble devient durable.
Un lubrifiant peut-il aider en cas de trouble de l’érection ?
Il peut améliorer la glisse, mais il ne traite pas la dysfonction érectile.
Il peut être utile :
- pendant la masturbation ;
- lors de rapports ;
- avec un préservatif ;
- pour diminuer certains frottements.
Mais si les difficultés à obtenir ou maintenir une érection deviennent régulières et persistent plusieurs mois, un avis médical est recommandé.
Les troubles de l’érection peuvent parfois être associés à d’autres problèmes de santé qui méritent d’être recherchés.
Les maladies chroniques peuvent-elles modifier la sexualité ?
Oui.
À mesure que l’âge avance, certaines personnes vivent avec :
- diabète ;
- maladies cardiovasculaires ;
- maladies neurologiques ;
- arthrose ;
- douleurs chroniques ;
- problèmes urinaires ;
- limitation de mobilité.
Ces situations peuvent modifier :
- l’énergie ;
- les positions confortables ;
- l’endurance ;
- la sensibilité ;
- les fonctions sexuelles.
Il est souvent plus pertinent d’adapter les pratiques que de chercher à reproduire exactement celles d’un âge plus jeune.
Comment adapter les positions après 70 ans ?
Une position sexuelle ne doit pas être conservée uniquement par habitude.
Lorsque certaines postures provoquent :
- douleur articulaire ;
- fatigue ;
- difficulté respiratoire ;
- crampe ;
- inconfort ;
il est possible d’en choisir d’autres.
Des coussins ou supports peuvent également aider à réduire certains efforts.
Le meilleur critère reste le confort.
Une pénétration est-elle indispensable à une vie sexuelle après 70 ans ?
Non.
La sexualité peut comprendre :
- caresses ;
- masturbation mutuelle ;
- stimulation manuelle ;
- baisers ;
- massages ;
- sextoys adaptés ;
- pénétration si elle est confortable et souhaitée.
L’âge ne change pas ce principe :
la sexualité n’a pas besoin de suivre un scénario unique.
Une pénétration douloureuse doit-elle être acceptée avec l’âge ?
Non.
La douleur ne doit pas être considérée comme une conséquence inévitable du vieillissement.
Si les frottements sont en cause, davantage de lubrification peut améliorer la situation.
Mais si la douleur persiste malgré une bonne glisse, il faut envisager une autre cause.
Quels symptômes doivent conduire à consulter ?
Un avis médical est recommandé notamment en cas de :
- sécheresse persistante importante ;
- douleur régulière lors des rapports ;
- saignement vaginal inhabituel ;
- brûlures ou démangeaisons persistantes ;
- pertes vaginales inhabituelles ;
- infections urinaires répétées ;
- modification importante du confort génital ;
- trouble de l’érection persistant ;
- nouveau problème sexuel apparu après un traitement.
Après la ménopause, un saignement vaginal inexpliqué mérite particulièrement une consultation.
À qui parler de ces difficultés ?
Plusieurs professionnels peuvent être sollicités selon le problème :
- médecin traitant ;
- gynécologue ;
- sage-femme selon la situation ;
- urologue ;
- pharmacien pour les questions médicamenteuses ;
- sexologue lorsqu’un accompagnement spécifique est nécessaire.
Il n’existe pas d’âge auquel une question concernant la sexualité devient « trop tardive » pour être posée.
Concept S après 70 ans : quel rôle ?
Concept S est un lubrifiant silicone actuellement formulé avec :
Dimethicone · C15-19 Alkane · Dimethiconol
Il est formulé sans parfum ajouté et sans glycérine.
Sa base silicone apporte une glisse longue durée qui peut être intéressante lorsqu’une diminution des frottements est recherchée.
Mais Concept S ne doit pas être présenté comme :
- un traitement de l’atrophie vulvovaginale ;
- un hydratant vaginal ;
- un traitement hormonal ;
- un produit spécifiquement conçu pour les personnes de plus de 70 ans ;
- une solution aux troubles de l’érection ;
- ou une formule nécessairement mieux tolérée parce que la personne est âgée.
Son rôle reste celui d’un lubrifiant intime : apporter de la glisse et réduire les frottements.
Concept S peut-il être utilisé en complément d’un traitement médical ?
La présence d’un traitement médical de la sécheresse ne signifie pas automatiquement qu’un lubrifiant doit être supprimé.
Un lubrifiant peut parfois être utilisé au moment des rapports pour apporter davantage de glisse.
Mais si un traitement vaginal est déjà utilisé, notamment un médicament, les modalités d’utilisation et les éventuelles associations doivent être vérifiées avec le médecin ou le pharmacien.
En résumé
Après 70 ans, la sexualité peut continuer à faire partie de la vie, mais le confort peut évoluer sous l’effet de différents facteurs.
Retenez surtout :
- il n’existe pas d’âge auquel la sexualité doit obligatoirement s’arrêter ;
- la sécheresse vulvovaginale après la ménopause peut persister et provoquer douleurs ou irritations ;
- un lubrifiant peut améliorer la glisse mais ne traite pas une sécheresse persistante ;
- lubrifiant et hydratant vaginal n’ont pas la même fonction ;
- des traitements médicaux existent lorsque les symptômes de la ménopause sont importants ;
- les médicaments peuvent avoir des répercussions sur la sexualité selon la molécule ;
- la polymédication mérite une surveillance particulière avec l’âge ;
- les troubles de l’érection deviennent plus fréquents mais peuvent être pris en charge ;
- les maladies chroniques ou la mobilité peuvent nécessiter d’adapter les pratiques ;
- une pénétration douloureuse ne doit pas être considérée comme normale parce que l’on vieillit ;
- Concept S apporte de la glisse mais ne traite pas les conséquences médicales du vieillissement.
Le bon objectif après 70 ans n’est pas de retrouver le corps de 30 ans. Il est de conserver, lorsque cela est souhaité, une intimité adaptée au corps actuel et suffisamment confortable pour rester agréable.
FAQ — Sexualité et lubrifiant après 70 ans
A-t-on encore besoin de lubrifiant après 70 ans ?
Cela dépend des personnes. Il peut être particulièrement utile lorsqu’une diminution de la lubrification ou une sécheresse entraîne davantage de frottements.
Faut-il mettre plus de lubrifiant avec l’âge ?
Pas automatiquement. La quantité dépend des besoins et de la glisse obtenue.
Eau ou silicone après 70 ans ?
Les deux peuvent convenir. Le silicone offre généralement une glisse plus durable, tandis qu’une base d’eau peut être plus facile à rincer et compatible avec davantage de sextoys.
Un lubrifiant traite-t-il la sécheresse vaginale ?
Il réduit surtout les frottements. Une sécheresse persistante en dehors des rapports peut nécessiter un hydratant vaginal ou une prise en charge médicale.
Les estrogènes locaux sont-ils possibles après 70 ans ?
Ils peuvent être proposés dans certaines situations après évaluation médicale des symptômes, des antécédents et des contre-indications.
Les médicaments peuvent-ils modifier la vie sexuelle ?
Oui pour certains médicaments, mais cela dépend de la molécule. Toute modification importante après un changement de traitement mérite d’être signalée.
Un homme de plus de 70 ans peut-il utiliser du lubrifiant ?
Oui. Le lubrifiant peut notamment être utilisé lors de la masturbation, des rapports ou avec un préservatif.
Le lubrifiant traite-t-il les troubles de l’érection ?
Non. Il apporte de la glisse mais ne traite pas la dysfonction érectile.
Une douleur pendant les rapports est-elle normale après 70 ans ?
Non. Une sécheresse peut être en cause, mais une douleur persistante mérite d’être évaluée.