L’endométriose peut provoquer des douleurs pendant les rapports sexuels, notamment des douleurs profondes lors de la pénétration. Dans ce contexte, un lubrifiant peut améliorer le confort lorsqu’une partie de la douleur est liée aux frottements ou à un manque de lubrification.
Mais son rôle a des limites importantes :
un lubrifiant ne traite ni les lésions d’endométriose, ni l’inflammation, ni une douleur profonde provoquée par la mobilisation des organes pelviens.
Comprendre l’origine de la douleur permet donc de savoir quand le lubrifiant peut réellement aider.
L’endométriose peut-elle provoquer des douleurs pendant les rapports ?
Oui.
Les douleurs pendant les rapports, appelées dyspareunies, font partie des symptômes possibles de l’endométriose.
La douleur associée à l’endométriose est notamment souvent décrite comme profonde, ressentie :
- au fond du vagin ;
- dans le bassin ;
- dans le bas-ventre ;
- parfois vers le rectum.
Elle peut être déclenchée ou accentuée par certaines pénétrations profondes ou certaines positions.
Toutes les personnes atteintes d’endométriose ne présentent cependant pas les mêmes symptômes.
Pourquoi la pénétration peut-elle être douloureuse avec une endométriose ?
Plusieurs mécanismes peuvent intervenir.
La douleur peut notamment être liée :
- aux lésions d’endométriose ;
- au processus inflammatoire ;
- à l’irritation de terminaisons nerveuses ;
- à des adhérences ou à une diminution de la mobilité de certains tissus ;
- à une sensibilisation progressive liée aux douleurs répétées.
L’importance de la douleur n’est pas nécessairement proportionnelle à l’étendue visible des lésions.
Une petite lésion peut être très douloureuse alors qu’une endométriose plus étendue peut parfois provoquer relativement peu de symptômes.
Douleur superficielle et douleur profonde : quelle différence ?
Cette distinction est importante pour comprendre le rôle du lubrifiant.
Douleur superficielle
La douleur est principalement ressentie :
- à l’entrée du vagin ;
- au niveau de la vulve ;
- au début de la pénétration.
Elle peut avoir de nombreuses causes qui ne sont pas nécessairement liées directement à l’endométriose :
- manque de lubrification ;
- irritation ;
- vulvodynie ;
- contraction du périnée ;
- infection ;
- autre problème gynécologique.
Douleur profonde
La douleur apparaît lorsque la pénétration devient plus profonde ou lorsque certains organes du bassin sont mobilisés.
L’endométriose fait partie des causes importantes à rechercher devant une dyspareunie profonde.
Le lubrifiant n’agit pas de la même manière sur ces deux types de douleur.
Le lubrifiant peut-il aider contre une douleur superficielle ?
Oui lorsqu’un manque de glisse ou des frottements participent à la douleur.
Un lubrifiant diminue la friction entre les surfaces en contact.
Il peut donc améliorer le confort lorsqu’il existe :
- une lubrification naturelle insuffisante ;
- une sensation d’échauffement ;
- des frottements désagréables ;
- une irritation mécanique liée à une pénétration insuffisamment lubrifiée.
Dans ce cas, davantage de glisse peut faire une différence importante.
Le lubrifiant peut-il soulager une douleur profonde liée à l’endométriose ?
Beaucoup moins directement.
Si la douleur apparaît principalement lorsque la pénétration exerce une pression en profondeur, ajouter du lubrifiant ne supprime pas la cause.
Le produit peut rendre l’entrée et les mouvements plus fluides, mais il ne peut pas empêcher une douleur provoquée par la mobilisation d’une zone pelvienne sensible.
Dans cette situation, il peut être plus utile de :
- réduire la profondeur ;
- ralentir ;
- modifier la position ;
- laisser la personne douloureuse contrôler davantage les mouvements ;
- arrêter si la douleur persiste.
Davantage de lubrifiant ne doit jamais servir à forcer une pénétration douloureuse.
Toutes les douleurs pendant les rapports chez une personne atteinte d’endométriose viennent-elles de la maladie ?
Non.
C’est un point important.
Une personne atteinte d’endométriose peut également présenter :
- une sécheresse vaginale ;
- une irritation ;
- une infection ;
- une vulvodynie ;
- un vaginisme ;
- une contraction excessive du périnée ;
- une autre affection gynécologique.
Le diagnostic d’endométriose ne doit donc pas conduire à attribuer automatiquement toute nouvelle douleur à cette maladie.
Les traitements de l’endométriose peuvent-ils provoquer une sécheresse vaginale ?
Cela dépend du traitement.
Les traitements hormonaux utilisés contre l’endométriose ne produisent pas tous les mêmes effets indésirables.
Certains traitements agissant fortement sur la production d’estrogènes, notamment certains analogues de la GnRH, peuvent entraîner des effets liés à l’hypo-estrogénie.
Une sécheresse vaginale peut faire partie de ces effets selon le médicament utilisé.
Il ne faut en revanche pas conclure que :
« toute pilule ou tout progestatif contre l’endométriose provoque une sécheresse vaginale ».
Il faut raisonner médicament par médicament.
Que faire si la sécheresse apparaît après le début d’un traitement ?
Si une modification nette du confort intime apparaît après l’introduction d’un médicament :
- n’arrêtez pas le traitement de votre propre initiative ;
- signalez le symptôme au médecin ou au pharmacien ;
- consultez la notice du médicament ;
- demandez si une adaptation ou une solution complémentaire est possible.
Un lubrifiant peut apporter du confort lors des rapports, mais il ne remplace pas l’évaluation des effets indésirables d’un traitement.
Quel lubrifiant choisir en cas d’endométriose ?
Il n’existe pas de lubrifiant spécifiquement recommandé pour toutes les personnes atteintes d’endométriose.
Une base d’eau ou de silicone peut convenir.
Lubrifiant à base d’eau
Il est généralement :
- facile à rincer ;
- compatible avec de nombreux sextoys ;
- adapté à de nombreux usages.
Selon sa formulation et la durée, il peut nécessiter une nouvelle application.
Lubrifiant silicone
Il offre généralement :
- une glisse plus durable ;
- une bonne résistance à l’eau ;
- moins de réapplications.
Cette durée peut être intéressante lorsqu’une personne souhaite limiter les interruptions pendant un rapport.
Mais le silicone n’est pas un traitement de l’endométriose et n’est pas médicalement supérieur à l’eau pour cette maladie.
Faut-il choisir un lubrifiant sans parfum ?
Une formule sans parfum ajouté peut être intéressante pour une personne qui souhaite limiter les caractéristiques sensorielles supplémentaires ou qui sait qu’elle tolère mal certains produits parfumés.
Mais :
sans parfum ne signifie pas absence garantie d’irritation.
La tolérance reste individuelle.
Faut-il éviter la glycérine en cas d’endométriose ?
Non comme règle générale.
L’endométriose ne constitue pas à elle seule une raison d’interdire la glycérine.
Il n’est pas démontré qu’une personne atteinte d’endométriose doive systématiquement utiliser un lubrifiant :
« sans glycérine pour éviter les mycoses ».
Une personne qui tolère mal une formule particulière peut naturellement en essayer une autre.
Mais il ne faut pas transformer une préférence de formulation en recommandation médicale liée à l’endométriose.
Une composition courte est-elle préférable ?
Pas automatiquement.
Une liste courte possède surtout un avantage pratique :
elle est facile à lire.
Mais elle ne garantit pas :
- une meilleure tolérance ;
- moins d’irritations ;
- une meilleure adaptation à l’endométriose.
Le produit fini et la tolérance individuelle sont plus importants que le nombre d’ingrédients.
Faut-il éviter les lubrifiants chauffants ou rafraîchissants ?
Une personne présentant déjà des douleurs ou une hypersensibilité peut préférer une formule sans effet sensoriel supplémentaire.
Mais il n’existe pas de règle médicale disant que toute personne atteinte d’endométriose doit obligatoirement éviter ces produits.
Si une formule :
- brûle ;
- pique ;
- augmente l’inconfort ;
cessez simplement de l’utiliser.
Les positions peuvent-elles modifier la douleur ?
Oui.
Une dyspareunie profonde peut être influencée par :
- la profondeur ;
- l’angle ;
- la vitesse ;
- la position ;
- l’intensité des mouvements.
Lorsque certaines positions provoquent systématiquement une douleur, il peut être utile d’en choisir d’autres permettant à la personne pénétrée de mieux contrôler la profondeur et le mouvement.
Le but n’est pas de trouver une position permettant de « supporter » la douleur.
Le but est d’éviter de déclencher la douleur.
Faut-il continuer une pénétration si la douleur apparaît ?
Non.
La douleur est un signal à écouter.
Si elle apparaît :
- ralentissez ;
- réduisez la profondeur ;
- changez de position ;
- ajoutez du lubrifiant si les frottements semblent en cause ;
- arrêtez la pénétration si la douleur persiste.
Une douleur répétée peut progressivement entraîner appréhension et contractions musculaires défensives, ce qui peut compliquer encore davantage les rapports.
Le périnée peut-il participer aux douleurs ?
Oui, chez certaines personnes.
Des douleurs répétées peuvent favoriser une réaction de protection musculaire.
Le périnée peut alors devenir très tendu au moment d’une pénétration.
Lorsque ce phénomène est identifié, un professionnel peut proposer une prise en charge adaptée, qui peut notamment comporter un travail périnéal selon la situation.
Le lubrifiant peut diminuer les frottements mais ne traite pas directement une hypertonie musculaire.
Le lubrifiant peut-il traiter l’endométriose ?
Non.
Un lubrifiant :
- ne fait pas disparaître les lésions ;
- ne traite pas l’inflammation liée à la maladie ;
- ne supprime pas les adhérences ;
- ne traite pas les douleurs neuropathiques ;
- ne remplace pas les traitements prescrits.
Son action est mécanique :
il apporte de la glisse et réduit les frottements.
Quels traitements existent pour l’endométriose ?
La prise en charge dépend des symptômes, des lésions, du projet de grossesse et de la situation de chaque personne.
Elle peut notamment inclure :
- traitements antalgiques ;
- traitements hormonaux ;
- prise en charge de la douleur chronique ;
- chirurgie dans certaines situations ;
- accompagnement psychologique ou sexologique lorsqu’il est utile ;
- autres soins adaptés aux symptômes associés.
Le traitement est individualisé avec l’équipe médicale.
Quand faut-il consulter pour des douleurs pendant les rapports ?
Une consultation est particulièrement utile lorsque :
- les douleurs sont régulières ;
- elles augmentent ;
- elles sont profondes ;
- elles empêchent certains rapports ;
- elles persistent malgré une bonne lubrification ;
- elles apparaissent brutalement ;
- elles s’accompagnent d’autres symptômes ;
- l’endométriose n’a pas encore été diagnostiquée ;
- le traitement actuel ne contrôle plus suffisamment les symptômes.
Les douleurs pendant les rapports sont un véritable symptôme médical et méritent d’être signalées.
À qui en parler ?
Plusieurs professionnels peuvent intervenir selon la situation :
- médecin traitant ;
- gynécologue ;
- sage-femme ;
- équipe spécialisée dans l’endométriose ;
- professionnel spécialisé dans la douleur ;
- sexologue ;
- professionnel de rééducation périnéale lorsque cela est indiqué.
La prise en charge peut être multidisciplinaire lorsque les douleurs ont plusieurs composantes.
Et Concept S en cas d’endométriose ?
Concept S est un lubrifiant silicone actuellement composé de trois ingrédients :
Dimethicone · C15-19 Alkane · Dimethiconol
Sa formule est sans parfum ajouté et sans glycérine.
Sa base silicone offre une glisse longue durée qui peut être utile lorsqu’une personne souhaite diminuer les frottements pendant un rapport.
Mais Concept S ne doit pas être présenté comme :
- un traitement de l’endométriose ;
- un traitement de la dyspareunie profonde ;
- spécifiquement conçu pour les personnes atteintes d’endométriose ;
- nécessairement mieux toléré parce qu’il contient trois ingrédients ;
- médicalement supérieur à un lubrifiant à base d’eau.
Son rôle reste celui d’un lubrifiant : apporter de la glisse lorsque les frottements participent à l’inconfort.
En résumé
L’endométriose peut provoquer des douleurs pendant les rapports, notamment des douleurs profondes.
Retenez surtout :
- les dyspareunies profondes font partie des symptômes possibles de l’endométriose ;
- toute douleur sexuelle chez une personne atteinte d’endométriose n’est pas forcément causée par la maladie ;
- un lubrifiant peut aider lorsque les frottements ou un manque de lubrification contribuent à la douleur ;
- il agit beaucoup moins sur une douleur profonde liée à la mobilisation des structures pelviennes ;
- davantage de lubrifiant ne doit jamais servir à forcer une pénétration douloureuse ;
- certains traitements peuvent modifier le confort intime, mais cela dépend du médicament ;
- eau et silicone peuvent tous les deux convenir ;
- l’endométriose n’impose pas un lubrifiant sans glycérine ;
- une composition courte n’est pas une garantie de meilleure tolérance ;
- adapter la profondeur et les positions peut aider à éviter certains déclencheurs ;
- une douleur persistante mérite une prise en charge médicale.
Le lubrifiant peut donc être un outil de confort utile dans l’endométriose, mais son efficacité dépend surtout de la cause précise de la douleur.
FAQ — Endométriose et lubrifiant
L’endométriose peut-elle rendre les rapports douloureux ?
Oui. Les douleurs profondes pendant les rapports font partie des symptômes possibles de l’endométriose.
Le lubrifiant peut-il supprimer ces douleurs ?
Il peut aider lorsque les frottements ou un manque de lubrification participent à la douleur. Il agit beaucoup moins sur une douleur profonde provoquée par la maladie.
Quel lubrifiant choisir avec une endométriose ?
Il n’existe pas de formule spécifique à l’endométriose. Eau ou silicone peuvent convenir selon l’usage, les compatibilités et la tolérance.
Le silicone est-il meilleur en cas d’endométriose ?
Pas médicalement. Son principal avantage est une glisse généralement plus durable.
Faut-il éviter la glycérine ?
Pas simplement parce qu’une personne est atteinte d’endométriose.
Les traitements hormonaux peuvent-ils provoquer une sécheresse vaginale ?
Certains traitements peuvent avoir cet effet selon leur mécanisme et la molécule utilisée. Il faut vérifier le médicament concerné plutôt que généraliser.
Faut-il continuer si la pénétration fait mal ?
Non. Ralentissez, modifiez la profondeur ou arrêtez. Une douleur persistante mérite d’être évaluée.
Le lubrifiant soigne-t-il l’endométriose ?
Non. Il réduit les frottements mais ne traite pas la maladie.